Quatre mois de voyage en famille… et des bagages minimalistes

Cerise et sa famille voyagent pendant tout l’été, à la découverte d’éco-lieux et de projets éco-responsables. De chantiers participatifs en woofing, tous les quatre vivent en immersion, le temps de quelques jours ou semaines, auprès de familles qui les hébergent en échange de leur travail quotidien. L’une des particularités de leur périple ? Il se fait en mode « minimaliste ».

L’idée de départ, c’était de sillonner les routes de France en caravane. Aller de lieu en lieu à bord d’un habitat nomade impliquait, déjà, de voyager léger. Mais les changements de programme et les aléas ont rayé l’option caravane du champ des possibles et Cerise a dû penser son voyage en famille différemment. Pour répondre à la contrainte de place – les trajets se feraient finalement en voiture où il faudrait pouvoir stocker toutes les affaires – et parce que le minimalisme et la démarche zéro-déchet font partie intégrante de son mode de vie, il a fallu trier, prioriser, empaqueter et organiser les bagages de manière intelligente et pratique.

Ne manquer de rien mais ne pas s’encombrer, aller à l’essentiel pour être efficace sans frustration… mon amie a accepté de me confier ses astuces et son état d’esprit, à mi-parcours (ce témoignage a été recueilli au mois de juillet).

SOMMAIRE :

#le voyage
#qu’est-ce qu’on emporte ?
#on n’oublie pas le confort !
#le rangement stratégique de la voiture
#les astuces
#des manques, des oublis, des regrets ?
#plaisir et satisfaction

 

#le voyage

Cerise et son compagnon ont d’abord contacté plusieurs porteurs de projets de constructions alternatives et de permaculture en France, les deux domaines qu’ils voulaient explorer, pour organiser leur itinéraire. À chaque escale, ils sont nourris et hébergés sur place : dans la maison familiale, dans un hébergement annexe. Parfois, ils dorment dans leur tente, installée sur le terrain de leurs hôtes. Leur voyage a démarré début juin et devrait s’achever fin septembre, soit 4 mois de découvertes et d’apprentissages.

Leur objectif : expérimenter des projets autonomes, éco-conçus et auto-construits, tout en vivant une expérience unique en famille. Entre les différentes missions, ils s’accordent un peu de repos à quatre et vivent alors en camping (tiny-house, roulottes, cabanes, ou dans leur tente).

 

 

#qu’est-ce qu’on emporte ?

Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, le tri a été assez rapide à réaliser :

« Mon mode de vie habituel a simplifié l’organisation du voyage. Nous vivons avec assez peu de choses donc il a suffi d’emporter ce qu’on utilise déjà dans notre quotidien. Pour les vêtements des enfants par exemple, j’ai laissé les tenues un peu « habillées » et pris quasiment toutes leurs tenues estivales habituelles, leur garde-robe étant déjà assez restreinte ».
— Cerise

Mais rien de tel qu’une liste exhaustive pour découvrir le contenu (intégral!) de leurs bagages :

 

         * Les vêtements

Pour chacun des enfants, âgés de 3 et 5 ans :
3 bas, 2 t-shirts à manches longues et 2 à manches courtes, 1 gilet léger et 1 plus chaud, 4 à 5 jeux de sous-vêtements, 2 paires de chaussettes, 1 paire de baskets, 1 paire de sandales, 1 paire de bottes, 1 tenue imperméable intégrale (pantalon de pluie + k-way)

Pour les parents :
Cerise : 1 jupe, 1 robe, 2 pantalons, 2 t-shirts, 3 gilets (léger, mi-saison, chaud), 1 paire de tennis, 1 paire de sandales
Séb : 2 pantalons, 2 shorts, 2 t-shirts à manches longues, 3 t-shirts à manches courtes, 2 pulls, 1 paire de baskets
Pour chacun, en plus : une veste de pluie et une tenue pour les chantiers et les travaux de jardin, soit : 1 pantalon, 1 t-shirt, 1 paire de chaussures (vieilles baskets pour lui, bottes pour elle), des gants, des lunettes et 1 masque de protection

Toute la famille a aussi emporté maillot de bain, casquette ou chapeau et lunettes de soleil.

 

En haut, les vêtements adultes, en bas, ceux des enfants

 

         * La trousse de toilette

Les brosses à dent, 1 dentifrice enfant, 1 dentifrice adulte homemade, 1 savon d’Alep et 1 shampooing solides dans leur pochette étanche en cire d’abeille, 1 déodorant homemade, 1 sérum homemade, 1 huile parfumée pour l’hydratation… et le plaisir, des brosses à cheveux adulte et enfant, 1 pince à épiler, 1 coupe-ongles, 2 pinces, 1 headband et 2 élastiques à cheveux, 2 gants de toilette, 2 lingettes réutilisables, 1 grande et 1 petite serviette de toilette (qui servent pour la plage et la toilette)

 

         * La trousse à pharmacie

Du paracétamol, l’huile Tégarome (pour toutes les affections de la peau, égratignures, piqûres, etc.), 1 antihistaminique (pour les réactions aux piqûres de moustiques), du gel d’aloé vera (remède anti-coups de soleil),1 pince à tiques (le premier lieu visité était propice à ces petites bêtes), des pansements, 1 anti-moustiques, 1 anti-tiques, 1 crème solaire

 

         * Divers

1 sac à dos vide et plié, réservé aux sorties
1 sac à main
1 tablette pour la gestion de la location de leur maison en leur absence
Téléphones portables et chargeurs
1 mei-tai (un porte-bébé, qui sert ponctuellement)
1 grand sac en lin qui fait office de sac de plage, de linge sale, etc.
1 sac de courses et des sacs à fruits et légumes en tissu, réutilisables
Des mouchoirs en tissu
1 kit de raquettes de badminton, des jeux de plage
1 petite caisse de livres et jouets
1 mini table-basse pliante qui sert en camping mais aussi pour installer les activités des enfants à proximité des chantiers
1 pot pour les besoins urgents des enfants selon la praticité des hébergements
1 vélo adulte équipé d’un siège-enfant et 1 vélo enfant + casques

 

         * Le matériel de camping

Il sert lorsque la famille n’est pas hébergée dans la maison même de leurs hôtes, ou alors entre deux chantiers, mais il est indispensable dans ces moments-là !

1 grande tente comprenant deux « chambres » et un espace commun
1 toile anti-UV pour abriter l’entrée de la tente du soleil ou de la pluie
2 matelas gonflables + pompe
1 couette double et 2 duvets simples
2 oreillers et 2 coussins gonflables de voyage
1 carré imperméable qui sert de nappe, natte, couverture, tapis de sol en-dehors de la tente
2 sièges de camping en tissu
1 hamac
4 verres, 4 assiettes, 4 jeux de couverts
1 casserole, 1 réchaud
1 épluche-légumes et une râpe
1 petite cagette d’aliments secs dans leurs pots en verre et des pâtes, lentilles, riz… stockés dans des sacs en tissu
1 gourde et 1 thermos
1 brosse et du produit vaisselle, 1 éponge
1 bassine en émail multi-usages (jeux, lessives, vaisselle….)
2 langes multi-usages (torchon, débarbouillage, etc…)

 

 

#on n’oublie pas le confort !

Ce n’est pas parce que la place est limitée que Cerise a négligé les petits détails qui aident à se sentir comme chez soi, surtout lors d’un voyage au long cours. Elle a donc emporté sa couette plutôt qu’un duvet, son oreiller et du joli linge de lit, pour agrémenter la chambre qu’on lui prête lorsqu’elle est logée sur les chantiers ou pour rendre plus cocoon son espace de camping.

Autre objet déco – mais aussi pratique : une peau de mouton qui réchauffe visuellement n’importe quel lit :

« Je suis heureuse de l’avoir avec moi, c’est un bel objet et elle nous a servi quand on était en tente la première semaine et qu’il faisait froid. Certes ce n’était pas nécessaire, mais si on avait eu la caravane j’aurais aimé passer du temps à la décorer, ajouter de jolis coussins… Dans ce voyage en voiture, les petits extras emportés sont un peu l’équivalent déco ! »
— Cerise

 

 

#le rangement stratégique de la voiture

On pourrait croire que Cerise a emporté l’intégralité de sa maison. C’est en fait presque le cas, et c’est justement loin d’être énorme… comparé à ce que contient la mienne ! Pourtant, cela peut sembler impossible à caser dans une seule et unique voiture – même un Kangoo…

Impossible n’est pas Cerise, qui a mêlé optimisation, organisation et s’est inspirée du pliage de vêtements suggéré par la méthode KonMari de Marie Kondo pour tout faire rentrer. Puis elle a organisé le stockage des affaires en caisses et cagettes, ce qui permet un rangement compartimenté, facile et « propre ». Chaque caisse a sa fonction et donc chaque objet sa place, et tout est agencé pour être accessible :

– Une grande cagette avec les vêtements des adultes, une autre avec ceux des enfants.
– Une caisse avec toutes les chaussures de la famille
– Une caisse avec les vêtements de chantier + les casques de vélo
– Une caisse de jeux et de livres qui sert dans les lieux où il n’y a pas d’enfants ou lorsque la famille voyage seule
– Une caisse pour les affaires de camping (vaisselle, réchaud, matelas, carré de tissu, auvent, pompe, hamac…)
– Une cagette de nourriture (huile d’olive, jus de citron, fruits secs, céréales, goûters, stockés dans des pots en verre)

À l’arrière de la voiture, Cerise a baissé un des trois sièges passagers, ce qui laisse la place pour les petits sièges de camping, deux caisses et le siège-enfant du vélo. La tente est rangée aux pieds des enfants, les petites « niches » au-dessus des portières contiennent le stock de pâtes, riz, etc. et les sacs de courses vides.

Un des sièges arrières a été baissé, laissant la place à deux caisses de rangement

Une planche a été installée pour scinder horizontalement le coffre, ce qui crée une étagère sous laquelle ont été rangées les cagettes, la mini-table pliante, le pot et la bassine. Dessus se trouvent les caisses les plus lourdes et la trousse de toilette. Sur la plage arrière, la couette, la peau de mouton et les oreillers.

Les deux vélos sont accrochés à l’arrière de la voiture. La trousse à pharmacie a trouvé sa place dans la boîte à gants, l’endroit le plus frais de la voiture.

Le rangement en caisses et cagettes permet un agencement simple et efficace, sans perte de place

 

Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place

 

 

#les astuces

Un tel voyage demande d’être un brin inventif, de ruser en pensant aux usages possibles de tel ou tel objet et de favoriser l’option « multifonctions » lorsque c’est possible. Quelques exemples en vrac :

Les sièges-auto des enfants leur servent de fauteuil pour les repas ou les jeux lorsqu’ils sont en plein-air.

Plusieurs objets emportés font double ou triple emploi : les langes, le tapis de sol, la bassine, les sacs en tissu…

Un mantra : une place pour chaque chose et chaque chose à sa place
L’organisation dans la voiture a été très réfléchie. Pour éviter de la bouleverser et de jouer à Tétris à chaque changement de lieu, Cerise et Séb font une grande lessive la veille du départ. Ainsi, ils repartent avec des affaires propres qui retrouvent leur place initiale dans la caisse prévue et évitent d’avoir un gros sac de linge sale difficile à caser et, à l’inverse, de la place perdue dans les caisses.

Le grand jeu de la créativité
La préparation du départ a incité Cerise à inventer, à imaginer de nouvelles possibilités, à laisser de côté certaines habitudes… bref, de s’adapter, tout en s’amusant.

« Voyager de manière minimaliste, c’est l’occasion de multiples découvertes et expériences. Comme l’adaptation de notre alimentation lorsque nous sommes entre nous. J’essaie de développer une cuisine plus crue pour aller de pair avec notre matériel restreint. Faire tremper longtemps les céréales plutôt que de les bouillir, faire germer des graines, sécher des galettes de blé au soleil au lieu de les cuire.. C’est là que la contrainte devient plaisir ! »
— Cerise

 

#des manques, des oublis, des regrets ?

Après plus d’un mois de voyage, différents lieux de vie explorés et un temps météo variable, Cerise ne voit rien qui manque à sa valise. La famille n’a rien racheté, rien ne lui a fait défaut.

À l’inverse, certains objets ne servent que ponctuellement, comme les petits sièges de camping qui sont seulement utilisés entre deux chantiers participatifs, ou les vélos, qui n’ont pas encore été beaucoup sortis… En matière de vêtements également, Cerise pense qu’ils parviendraient à tourner avec moins de tenues, exception faite de la première semaine de pluie où avoir du change sec rapidement a été bien appréciable. Son objectif n’étant pas de viser l’utra-minimalisme, mais simplement de voyager avec le nécessaire pour être bien sans s’encombrer, le pari est donc remporté :

« Certaines choses ne sont pas indispensables mais prennent peu de place et ramènent du confort dans notre quotidien. On aurait probablement pu partir avec moins, mais on a trouvé le bon équilibre entre la place disponible, nos besoins primordiaux et nos envies ».
— Cerise

 

#plaisir et satisfaction

Voyager léger n’était pas un défi, une expérience que Cerise est sa famille souhaitaient tenter à tout prix. Cela s’est imposé naturellement, en phase avec un mode de vie déjà tourné vers la sobriété.

« J’ai maintenant le réflexe minimaliste, ce plaisir de réfléchir à ce qui va être judicieux, à ce que chaque chose ait sa place et que ce soit agréable dans le fonctionnement quotidien. Et c’est aussi une satisfaction d’avoir choisi l’objet juste et, ensuite, ne manquer de rien. D’avoir fait les bons choix, tout cela sans se laisser envahir de choses superflues ».
— Cerise

Son voyage, comme son quotidien habituel, lui procure un sentiment de liberté. Sur un plan purement organisationnel (il suffit de sortir les caisses de la voiture, de les installer dans la tente ou dans la chambre prêtée, puis de les remettre en place au moment du départ), mais aussi sur un plan plus large :

« Je me sens beaucoup moins contrainte. En me faisant gagner du temps et de l’énergie dans le rangement, le nettoyage, l’organisation, ce fonctionnement, qui est devenu naturel, me procure un très fort sentiment de légèreté et de liberté ».
— Cerise

 

Et c’est bien là tout le sens profond du minimalisme : faire et être mieux avec moins, trier les choses pour désencombrer son placard autant que son esprit, alléger son for intérieur et libérer son temps. 

 

 

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